Nouvelles
Journées d’études sur les pratiques de formation, d’intervention et d’accompagnement dans les métiers des ressources humaines
Date : 19-20 mars 2012
Lieu : École nationale d’administration publique, 4750 Henri-Julien, Montréal (Québec)
(Entre Métro Laurier et Métro Mont-Royal)
Coût : Gratuit
Comité organisateur : Ces journées d’étude résultent d’une collaboration entre l’Institut de Recherche sur les Pratiques Éducatives (IRPE) de l’Université de Sherbrooke et la Direction des services aux organisations (DSO) de l’École nationale d’administration publique.
Mots-clés : Formation d’adulte, Métiers de la formation, Formation des formateurs, Pratiques de conseil, de formation; Regard croisé France-Québec, Situation.
Argumentaire scientifique :
La formation et l’éducation des adultes (Troger, 2001) entretient avec l’histoire du système scolaire des relations étroites; c’est du moins le cas en France et au Québec. Cherchant à articuler l’école et la vie (Houssaye, 1987), ces deux domaines de l’éducation ont depuis l’immédiat après-guerre à répondre à différentes missions : instruire, socialiser et qualifier. Dès lors, ils sont conduits aussi à prendre en charge une population qui présente différentes caractéristiques affectives et cognitives et dont les projets de formation sont très variés. Qu’il s’agisse d’un projet d’études supérieures, d’un projet de formation professionnelle, d’un objectif de requalification ou de remise à niveau, les usagers attendent de « leurs écoles » qu’elles répondent à leurs besoins et qu’elles puissent prendre en compte la singularité de leurs problématiques. Simultanément, l’appareil de production attend du système éducatif qu’il prépare les futurs professionnels dont il a ou aura besoin.
Ici se pose la récurrente question de l’introuvable relation formation-emploi (Tanguy, 1988). La demande des entreprises s’articule autour d’une ambition soit celle d’élever les qualifications de ses travailleurs. Mais elle se définit aussi au regard des nécessités d’adaptation des emplois et des qualifications ainsi que des compétences des travailleurs qu’exige le développement d’une économie mondialisée.
Aujourd’hui, la formation tout au long de la vie, pierre angulaire de la formation des adultes, constitue une valeur se déclinant de différentes manières et renvoyant à des modèles et à des dispositifs variés : stages de formation continue, session de perfectionnement, temps de développement ou d’acquisition de nouvelles compétences, formation soutenant la réorientation professionnelle ou le développement professionnel… Autant de figures différentes d’un même projet ambitieux, celui d’une éducation tout au long de la vie au service d’une économie du savoir. Derrière ces déclarations d’intention se cachent la recherche d’une meilleure employabilité (Brien et alii, 2011) et l’objectif constant de gagner en rentabilité.
Or, la crise économique et financière qui a marqué de nombreux pays au cours des dernières années a amené les établissements d’enseignement, les organismes de formation et les entreprises à revoir leurs stratégies en matière de gestion des ressources humaines, tant au niveau des politiques et dispositifs de formation qu’au niveau de l’ingénierie de formation et l’ingénierie pédagogique nécessaires à la mise en place des formations. En effet, qu’il s’agisse des tâches de diagnostic de besoins dans les entreprises, d’accompagnement des travailleurs en situation de travail dans un processus d’adaptation de leurs savoirs et compétences, de soutien aux processus de développement professionnel, acheteurs et vendeurs de formation sont invités à modifier leurs conceptions de la formation, à changer leurs manières de penser les politiques, les dispositifs et les pratiques, tant sur le plan formel qu’informel (Riffaud et Caron, 2011). Au delà de ces changements visibles, c’est toute la question du travail et de notre rapport au travail qui se trouve interrogés et de facto notre conception du rapport aux différents temps sociaux, qu’il s’agisse des temps privés, des temps de formation, des temps d’activité en situations de travail (Méda, 2010). Dès lors, les travailleurs eux-mêmes, sont conduits à revoir leur rapport à l’emploi, à remettre en question leurs liens identitaires et professionnels avec l’entreprise (Zwick et Racine, 2011).
Face à de tels bouleversements, les métiers des ressources humaines dans les entreprises se transforment, tant au niveau de la conception de leurs fonctions et missions dans l’organisation qu’au niveau de leurs pratiques développées. Ces métiers sont aujourd’hui invités à penser autrement leurs tâches. Ils sont aussi de fait conduits à réfléchir à leurs pratiques. Souvent placés à la croisée des chemins du diagnostic de problématiques et de l’identification de ressources formatives, ces métiers se doivent aujourd’hui de mettre en place des dispositifs de soutien, d’accompagnement, et de supervision du changement des pratiques individuelles et collectives au sein des organisations productives. En dialogue avec les offreurs de formation et les commanditaires publics, comme avec les partenaires privés, les métiers des ressources humaines font appel à des domaines de compétences multiples qui vont du diagnostic de besoin à la gestion de projet en passant par le conseil et l’accompagnement des travailleurs et des équipes. Plus que jamais aujourd’hui, les professionnels des ressources humaines sont à part entière des intervenants éducatifs et/ou des passeurs de savoirs professionnels au sens où l’éducation est un acte visant l’apprentissage et le développement personnel et professionnel des sujets-objets de cette intervention éducative. Ce ne sont plus seulement des gestionnaires mais aussi des concepteurs de formation et des accompagnateurs du changement
Ces professionnels mettent en œuvre différentes pratiques s’appuyant sur différents cadres et modèles d’action : ingénierie de formation (Ardouin, 2008), ingénierie pédagogique (Maubant, 2001), didactique professionnelle (Pastré, 2011), analyse de l’activité (Durand, 2007), analyse des pratiques (Blanchard-Laville et Fablet, 2002), conseil, accompagnement (Paul, 2008)… Or, ces nouvelles pratiques, davantage proche de pratiques de formation que de pratiques de gestion sont peu ou pas identifiées, voire reconnues dans les entreprises. Les offreurs de formation, quant à eux, peinent à prendre en compte ces changements, notamment dans les nécessaires coopérations et partenariats qui se mettent en place et se renforcent entre l’entreprise et les établissements de formation.
Or, il nous semble essentiel d’engager une réflexion sur l’évolution de ces métiers des ressources humaines, tant d’un point de vue décisionnel et organisationnel que d’un point de vue opérationnel. Qui sont ces nouveaux professionnels des ressources humaines ? Quelles sont les nouvelles démarches et pratiques qu’ils ou elles déploient ? Comment les processus de partenariat, de collaboration et de coopération entre l’entreprise et les organismes de formation, en particulier post-secondaire se transforment sous l’influence de ces nouveaux métiers et des nouvelles compétences que ces professionnels maitrisent et développent ? Comment la fonction « ressources humaines » peut s’en trouver modifiée ? Et quels rôles et quelles fonctions les organismes de formation auront à jouer prochainement pour tenir compte de ces nouvelles pratiques portées par les professionnels des ressources humaines.
Ces deux journées d’études visent quatre objectifs :
- Identifier ces métiers des ressources humaines. Il s’agit ici de repérer leurs caractéristiques et de mettre en évidence les signes visibles et invisibles de changements de fonctions et de pratiques.
- Analyser les différents cadres et systèmes de référence de l’action professionnelle constitutive de ces métiers : intervention, conseil, gestion, accompagnement, consulting, ingénierie de formation.
- Évaluer les effets de ces bouleversements de fonctions et de pratiques dans les métiers des ressources humaines sur le développement des compétences individuelles et collectives dans l’entreprise.
- Analyser les conséquences de ces transformations sur les nouvelles conceptions de la formation, tant au niveau des décideurs publics et privés qu’au niveau des responsables d’établissements de formation.
Déroulement des Journées d’études
|
Jour 1 – 19 mars 2012 |
Activités |
|
8h30 |
Inscription |
|
9h30 Mot de bienvenue Présentation du déroulement des Journées d’études |
Ouverture de l’activité |
|
10h00* Table ronde sur les métiers de la formation : un regard croisé France-Québec : le point de vue des universités. *16h00 à Rennes (durée 1h15 heure) Groupes d’étudiantes et d’étudiants |
Animé par Jérôme Eneau (Rennes) et Michel Boisclair (ENAP) |
|
11h15 Communication 1 : Le métier de formateur et consultant : le point de vue de praticiens |
Michel Maletto, CRHA, formateur et consultant Éditions Maletto Gilles Turcotte, consultant et formateur; doctorant, Université de Sherbrooke |
|
12h15 Déjeuner (dîner) |
|
|
13h30 Communication 2 : La certification des compétences en milieu de travail : modèles nationaux et enjeux pour la professionnalisation |
Michel Lejeune, Ph.D., chercheur associé, groupe de recherche TRANSPOL (INRS-UCS). |
|
14h15 Communication 3: Former à l’action, sans sacrifier à la rigueur, le défi des universités en matière de formation professionnelle |
Marcel Proulx, Ph.D., professeur, ENAP |
|
15h00 Pause santé |
|
|
15h30 Communication 4 : La présence des intermittents dans les métiers de la formation : le cas des formateurs d’adultes |
Brigitte Voyer, Ph.D., professeur, Université du Québec à Montréal |
|
16h15 Fin du jour 1
|
|
Jour 2 – 20 mars 2012 |
Activités |
|
9h00 Début du jour 2 |
|
|
9h15 Communication 5 : Les universités et les gestionnaires autochtones : concevoir un partenariat de formation pour soutenir l’autonomie gouvernementale : le cas de l’École nationale d’administration publique |
Jean-François Savard, professeur, École nationale d’administration publique |
|
10h15 Pause santé |
|
|
11h15 Communication 6 : Mobiliser l’intelligence collaborative par les réseaux sociaux et le WEB 2.0 : un modèle illustré par deux cas pratiques |
Pierre Ouellette, MPs, MBA, Psychologue organisationnel, Associé principal Centre de recherche et d’intervention en santé des organisations – CUSUM/MUHC |
|
12h15 Déjeuner (dîner)
|
|
|
13h30 Communication 7 : L’approche systémique en formation continue : le modèle de la SOFEDUC |
Kamal El Batal, Ph.D., directeur général de la SOFEDUC
|
|
14h15 Communication 8 : Quel soutien les établissements d’enseignement fournissent-il aux formateurs d’adulte : le cas de l’École nationale d’administration publique |
Lucie Montreuil, MBA, Directrice des opérations, ENAP Michel Boisclair, MAP, Chargé de projet, ENAP |
|
15h00 Pause santé
|
|
|
15H30 Communication 9 : La professionnalisation des métiers de la formation : enjeux et défis pour le XXIe siècle |
Philippe Maubant, Ph.D., professeur, Université de Sherbrooke, IRPE |
|
16h15 Clôture de l’activité – Remerciements
|
Michel Boisclair |
On demande des textes pour la fin décembre 2012 et publication au printemps 2013
Inscription : michel.boisclair@enap.ca